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1. Introduction
Par l’histoire de sa création volontariste de 1860 à 1864 selon le
rêve visionnaire du Duc de Morny (1811-1865) et par son
développement étonnant, Deauville a mis la construction et la
valorisation du futur au cœur de son projet de territoire. Cette
expérience a donné aux élus de Deauville une curiosité certaine et
une attention particulière envers la prospective. Ainsi est né au
royaume de l’élégance le « Pôle des Futurs de Deauville ». C’est
pour contribuer à l’apprentissage de la prospective que la Mairie de
Deauville a organisé en 2008 une journée de réflexion sur L’état
des pratiques de prospective dans les organisations, en
collaboration avec la revue Management et avenir.
En 2009, le Centre international de Deauville
accueillera les premières assises européennes de la Prospective
territoriale, organisées en partenariat par la Mairie de Deauville
(Pôle des Futurs de Deauville) et l’Institut Destrée, sous le
patronage des grandes associations d’élus territoriaux de France et
d’Europe ainsi qu’avec l’appui du Groupe Futuribles et de l’Ecole de
Management de Normandie.

2. Objectifs des assises
Au moment où, partout en Europe, les décideurs s’interrogent sur la
pertinence des territoires, le premier objectif de ces assises
européennes de la prospective territoriale consiste à sensibiliser
les acteurs territoriaux – et au premier plan les élus et
responsables territoriaux – à la nécessité d’utiliser la démarche
prospective pour construire des politiques robustes et durables dans
les villes, les départements, les régions.
Or, la prospective dans les territoires a connu, ces dix dernières
années, un vrai renouveau. Depuis la fin des années 1990, en effet,
à l’initiative surtout de la Direction générale Recherche de la
Commission européenne, de l’Institut de Prospective technologique de
Séville, et aussi du Collège européen de Prospective territoriale,
une réelle convergence méthodologique s’est développée entre le
foresight anglo-saxon et la prospective à la française. Les
praticiens, les théoriciens – et donc aussi les méthodes – sont
entrés en dialogue. Des chercheurs, des élus, des agents
territoriaux et des consultants ont échangé et valorisé leurs succès
et leurs échecs, ont rapproché et mêlé leurs points de vue.
Aujourd’hui, la prospective territoriale connaît l’aboutissement de
la convergence entre les différentes pratiques européennes :
foresight et prospective sont aujourd’hui équivalents et ont
fortement gagné en vigueur et en efficacité.
Parallèlement, sur le terrain, on assiste à une diversification des
demandes concrètes d’utilisation de la prospective territoriale :
elle se fait plus sectorielle, analyse des filières ou appuie la
mise en place ou le développement de pôles de compétitivité, etc.
Ainsi, toutes ces raisons plaident pour faire le point sur les
initiatives en cours. Les assises européennes de la prospective
territoriale, telles qu’elles sont organisées, se veulent d’abord un
lieu de rencontre entre praticiens soucieux d’interroger leurs
méthodes, leurs savoir-faire, leurs expériences ainsi que d’en tirer
quelques enseignements.
Un Comité scientifique sera mis en place qui comprendrait Günter
Clar (Steinbeis Europa Zentrum, Stuttgart), Bernard de Montmorillon
(Paris Dauphine), Elie Faroult (EC DG Recherche, Bruxelles), Luke
Georghiou (PREST, Manchester), Peter Heydebreck (Inno & IRE Network,
Suède),
Hugues de Jouvenel (Futuribles, Paris), Pierre-Jean Lorens (Conseil
régional du Nord-Pas-de-Calais, Lille), Ute-Hélène Von Reibnitz
(Trèves & Vence), Philippe Destatte (Institut Destrée, Namur).

3. Dynamique et contenu
Quatre forums rythmeront la rencontre, au cours desquels les
participantes et participants, accompagnés de quatre grands témoins
et d’un animateur, auront l’occasion de réfléchir, de dialoguer et
de produire du contenu avec les participants. L’idée de base de la
réflexion consiste à envisager quatre enjeux spécifiques pour
chacune des thématiques envisagées : la prospective utilisée pour
construire un projet global de territoire, la prospective pour aider
à aménager le territoire, la prospective et l’innovation
territoriale et, enfin, la prospective territoriale ambitionnant
d’aborder un ou plusieurs secteurs particuliers. Les témoins seront
chacun porteurs d’un enjeu qu’ils devront illustrer par un cas
concret dont ils tireront des enseignements généralisables.
L’animateur sera chargé de problématiser et d’organiser les échanges
en fractionnant les interventions pour aboutir à au moins deux tours
de table, avant de prendre trois ou quatre interventions dans la
salle.
Cela signifie que la parole devra circuler très rapidement. Une
disposition des chaises en cercles concentriques – les orateurs
étant sur des chaises hautes et l’animateur debout au milieu –
permettra de mettre en place une dynamique originale et créative.
Les Powerpoint ne seront pas autorisés dans les forums. Des textes
ou des synthèses seront produits avant l’événement pour être
présentés sur un site internet dédié à l’événement.
3.1. Prospective et projet global de territoire
Le projet global de territoire est au centre de la démarche
prospective et en constitue le réel aboutissement, le véritable
prélude à l’action concrète sans laquelle la prospective n’aurait
pas de sens. Il s’agit d’une prospective très citoyenne, qui
implique les habitants et peut constituer un outil majeur de
démocratie délibérative. Quand le processus se déroule complètement,
l’exercice de prospective débouche sur une stratégie cohérente,
déclinée en actions précises, et à un processus de mise en oeuvre
qui répondent aux enjeux de long terme et permettent d’atteindre la
vision construite collectivement d’un futur désiré. Le rôle de l’élu
y est préservé. Il est à la fois le maître des horloges et
l’interlocuteur privilégié des acteurs. Sa légitimité dans la
décision publique est totalement préservée.
3.2. Prospective et innovation dans les territoires
La prospective territoriale constitue un outil puissant pour
imaginer, construire et mettre en place des systèmes territoriaux
d’innovation qui répondent aux besoins des entreprises et des
centres de recherche. La prospective technologique se décline sur le
territoire, lieu privilégié d’interaction entre acteurs. Elle y
apparaît sous des formes variées qui vont de l’analyse des
technologies-clefs, proche de l’évaluation des choix technologiques,
à des travaux plus élaborés permettant tantôt la mise en place
d’outils de développement, tantôt l’activation dans le long terme de
clusters, de pôles de compétitivité, etc.
3.3. Prospective et aménagement dans les territoires
Prospective et planification de l’espace sont, en France, intimement
liées et constituent un couple déjà ancien. Ce qui n’est que
rarement le cas en Europe. Depuis les travaux d’élaboration du
Schéma de Développement de l’Espace communautaire (SDEC), en 1999,
prospective et foresight, aménagement et planning
s’associent au niveau européen, tendent à se généraliser et à se
perfectionner. Désormais, la prospective des territoires se décline
depuis le quartier jusqu’à de vastes espaces régionaux ou
transfrontaliers.
3.4. Prospective et secteurs en développement
De plus en plus, la prospective doit répondre à des besoins
spécifiques dans les territoires : anticiper les enjeux et les
besoins d’une filière sectorielle, construire la stratégie d’une
sphère d’activités, préparer la mise en place d’agences de
développement, lancer un fonds d’impulsion, etc. Dans tous les cas,
la prospective replace ces problématiques dans un contexte de long
terme, active les approches transversales et tente d’apporter des
réponses spécifiques

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